Les déficits en 2016

Les Déficits en 2016 (comptabilisés)

Le premier DEFICIT de la France, c'est un déficit de compétence en gestion chez nos gouvernants successifs, une élite politique plutôt opportuniste que raisonnée, bonjour les dégâts.

Ce déficit de compétence trouve sa contrepartie directe dans les déficits de la nation (l'Etat et ses filiales) depuis 40 ans aucun gouvernement n'a réussi à exécuter un exercice à l'équilibre. Pire le déficit est devenu un paramètre normal, tellement normal qu'il a pris de l'embonpoint. Déficit et dettes sont liés, en deux quinquennats la dette est passée de 1200 à 2200Mds€.

Les déficits les plus significatifs qui sont analysés dans cet article sont le déficit de l'Etat, le déficit de la SECU, le déficit de l'Unedic et celui des Collectivités locales. Ces entités, qui sont aussi celles qui ont le plus de dettes, se retrouvent logiquement dans la définition de la dette selon Maastricht. Elles sont financées par le budget général, les cotisations sociales et en complément par des ITAFs (impôts et taxes affectées), d'où la nécessité d'associer toutes les ressources dans les comptes de l'Etat.

Le tableau ci-contre (il a grandi en 1 an)  illustre les relations comptables entre ces quatre entités, les dépenses de l'une sont les recettes des autres, on conçoit aisément que les comptabilités sont dépendantes et donc les déficits.

Les données de la SECU concernent le périmètre des Régimes de base, c'est à dire le régime général et quelques (34) petits régimes spécifiques, non compris les Régimes complémentaires AGIRC , ARRCO, et quelques autres.

- L'Unedic, fin 2016 son déficit est de 4.2Md€, sans contribution de l'Etat qui apporte sa garantie aux prêts contractés par l'organisme pour équilibrer ses comptes. La tendance du chômage semble être à l'amélioration, mais bizarrement les prévisions de l'Unedic sont très prudentes : un déficit de -4Md€ en 2018 avec 40.6Md€ de dépenses pour 36.6Md€ de recettes !! (à conditions de financement et d'allocations inchangées).

- Les Collectivités locales (Régions, Départements, Communes) présentent un résultat légèrement positif 1.7Md€ en 2016. Les Collectivités sont une filiale à 100% de l'Etat, les recettes proviennent des ITAFs pour 120Md€, c'est beaucoup mais pas suffisant, l'Etat complète avec une dotation de 70Md€ prélevée sur son budget et pour arriver à l'équilibre il reste l'emprunt, le solde "collecte - rembours." est faible de l'ordre de 3 à 5Md€ par an. Le résultat de l'exercice est toujours très proche de zéro, il suffit d'établir une bonne prévision budgétaire et d'ajuster les contributions de l'Etat au besoin.

 Note : L'Etat français est tellement centralisateur que les Régions sont des naines financièrement et de facto sans capacité d'investissement ou de politique industrielle. Il en résulte une hyper concentration sur la Région parisienne de "TOUT" le bon et le mauvais au détriment d'un développement harmonieux de la France, une spécialité française en Europe (en Allemagne, Italie, Espagne les régions ont du poids)

- La SECU comprend quatre branches "Maladie, Accident du travail, Famille, Vieillesse" ayant chacune une gestion semi indépendante avec des vases communicants. Les 4 branches sont déficitaires, leur équilibre ou presque est obtenu par les contributions de l'Etat. La SECU est en voie de nationalisation, les cotisations des salariés et du patronat aux Régimes de base (258Md€) ne représentent plus que 54% des prestations sociales, le complément 46% est financé par la CSG (89Md€) et une dotation des ITAFs de 63.6Md€ pour combler le "TROU", ce qui conduit naturellement à un résultat proche de l'équilibre avec un déficit comptable de 7Md€.

- L'Etat, en 2016 le déficit comptable est de 75.6Md€, en cumulant les autres entités, il est porté à 87.1Md€. Mais si on tient compte du déficit réel de la SECU (70.6Md€) celui de l'Etat n'est plus que de 16.5Md€.

Autre remarque, les allégements de cotisations sont estimées à 37.4Md€, si les allégements avaient portés sur les impôts et taxes des entreprises plutôt que sur les cotisations, le déficit réel de la SECU serait de 33.2Md€ et celui de l'Etat de 53.9Md€. Un constat différent qui impliquerait des solutions différentes.

Cette distinction est essentielle pour chercher des solutions à la réduction des déficits, les solutions pour la SECU ne sont pas les mêmes que pour les Collectivités ou l'Unedic ou l'Etat. Ce genre d'analyse n'est toujours pas d'actualité! et pourtant.

Un autre constat qui ressort de cette étude à partir d'informations comptables, les différences avec les données présentées par l'INSEE qui exploite les informations budgétées.

Données  INSEE en Milliards de € courant

 

-85,5

-84,3

-78,8

-76

% PIB

 

-4,10%

-3,90%

-3,60%

-3,40%

Données comptabilisées

 

 

 

 

 

Deficit du budget général lu dans les CGE 2014-5-6

 

-59,6

-77,3

-82,5

-75,6

Déficit de la SECU lu dans Rapport 2016

 

 

-15,4

-12,8

-10,2

-7

Déficit des Collectivités lu dans OFL 2017

 

 

2,6

-4,3

1

1,7

Déficit de l'UNEDIC lu dans rapports annuels

 

 

-3,4

-3,65

-4,16

-4,2

Déficit comptable  total

 

 

-75,8

-98,05

-95,86

-85,1

Ratio PIB

 

 

-3,6%

-4,6%

-4,4%

-3,8%

                 

Un constat sans importance, c'est du passé n'en parlons plus!! l'attention va se porter sur les attendus de 2017 mais surtout sur les prévisions de 2018, avec une incantation connue "les dépenses publiques vont baissées", avec un PIB qui progresse, parole de Jupiter, nom de Kzeus.

 

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